Les actualités de la moto au féminin

Portrait : Lea Rieck, le monde à moto libre et libérée !

Nous avons rencontré Lea sur le net. Nous l’avons contacté par mail. De la Birmanie, elle nous a répondu avec une spontanéité et une joie hors du commun. Une jeune femme qui quitte une vie en Allemagne pour découvrir une nouvelle vie, sur la route, à moto. Ce portrait nous pousse à la réflexion ; notre place de femme dans le monde, nos peurs, nos envies, nos rêves… 

Lea Rieck on Karakorum Highway

 

LNLM : Comment t’appelles-tu ? Quel âge as -tu ? Où es-tu née ?   Your name, your age, where are you born ?                           

Lea Rieck. 30 ans. Je suis née en Allemagne, à Münich. – « Lea Rieck, 30 years, born in Munich, Germany. »

Lea Rieck

 

LNLM : Depuis quand roules-tu à moto ? How long do you ride ?

Lea : Je n’ai passé mon permis il n’y a que deux ans et demi, mais j’ai roulé environ 50 000 km avant de commencer mon voyage. –  « I did my license only two and a half years ago  but I have been driving nearly 50.000 kilometers before i started to this trip. »

 

LNLM : Qu’est-ce qui t’as amenée à conduire une moto ? What leads you to ride ?

Lea : J’adore juste rouler à moto. C’est la meilleure adrénaline possible, de prendre des routes fantastiques, de voir la nature en ne restant pas trop éloignée de l’environnement d’une voiture. – « I just love to riding a motocycle. It’s the best combination of adrenaline when hitting all those amazing roads, nature and you are not so closed away from your surrounding like a car. »

Lea Rieck

 

LNLM : Quelle a été ta première moto ? Et aujourd’hui ? What was your very first bike ? And today ?

Lea : Avant d’avoir Cleo, ( la Triumph avec laquelle elle parcourt le monde en ce moment. NdT) je roulais sur une BMW G650 Serao et une BMW 1200 GS. La première me procurait de telles vibrations que mes mains puis mon corps entier s’engourdissaient après quelques heures de conduite; la 1200 GS est une bonne moto mais lourde. L’année précédant mon voyage, j’ai testé sur route un certain nombre de motos de différentes marques parce que je désirais autre chose et je suis tout de suite tombée amoureuse des motos Triumph 3 cylindres. Le moteur est fluide et Cleo possède ce parfait équilibre de puissance et d’agilité dont tu as besoin pour un voyage comme le mien. Je peux faire des centaines de kilomètres par jour et de longs trajets si nécessaire et rester à l’aise. Et la moto est également capable d’aller sur des routes en gravier comme d’arpenter tous ces mauvais chemins de terre. – « Before I got Cleo i was riding a BMW G650 GS Sertao and BMW 1200 GS. Both are very reasonable bikes but not the right choice for me to go around the world. The first one had such a strong vibration that my hands and my whole body got numb after a few hours of driving and the 1200 GS is a good but heavy bike. One year before I went on this trip I was testriding a lot of different bikes and brands because i wanted something else – and I fell in love with Triumphs three cylinder motorcycles immediately. The engine runs so smooth ans Cleo has just the right balance of power and agility that you need on a trip like mine. I can do a few hundred kilometers a day and long rides if needed ans still be confortable and the bike is as well very capable of going on gravel roads and dealing with all those bad roads of this world. »

Lea Rieck a Pamir avec Cleo

 

LNLM : Quel pays as-tu fait en moto ? What countries did you ride ?

Lea : Jusqu’à présent, j’ai roulé depuis l’Allemagne uniquement par route jusqu’à Myanmar (Birmanie N.d.t), traversant la Turquie, la Géorgie, la Russie, le Kazakstan, l’Uzbekistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, le Pakistan, l’Inde et le Népal. Après j’irai en Thaïlande, en Malaisie, prendrai l’avion avec ma moto jusqu’en Australie et depuis là, l’Amérique du Sud et je remonterai jusqu’aux USA. – « So far I have been riding all the way from Germany overlands to Myanmar, crossing Turkey, Georgia, Russia, Kazakstan, Uzbekistan, Tajikistan, Kirghiztan, Pakistan, India and Nepal. Next I go the Thailand, to Malaysia, fly with my bike to Australia and from there to South America and go all the way up to USA. »

Lea Rieck au Népal

 

LNLM : Quelle fut ta motivation de tout laisser derrière toi ? What was your motivation to leave everything behind you ?

Lea : J’ai toujours voulu faire un plus long périple que celui de quelques semaines que t’autorise un boulot à temps plein. Ma passion pour la conduite à moto n’accorde aucun autre choix que de voyager à moto. – « I always wanted to do a longer journey that allows you to see more than the few weeks you get when working in a full time job. My passion for riding a motorcycle left no other choice than doing it on a motorcycle. »

 

LNLM : Où roules-tu actuellement ? Est-ce que tu roules toute seule ? Where do you actually ride ? Do you ride alone ?

Lea : Je roule n’importe où, des routes en gravier à celles en bitume. Je fais mon trip toute seule mais bien évidemment tu rencontres d’autres voyageurs avec qui tu fais parfois un bout de route. – « I ride everything from gravel roads to asphalt roads. I do my trip all by myself but you of course meet other travelers that you sometimes share a part of your route with. »

Lea Rieck en Ouzbekistan

 

LNLM : Comment as-tu planifié ton voyage depuis l’Allemagne ? How did you plan your trip from Germany ?

Lea : Quand j’ai décidé de faire ce voyage, la part importante du planning a été d’obtenir des visas pour la première partie de mon voyage. Tu as beaucoup de paperasse à faire si tu veux voyager en Asie. – « When I decided to do this trip most of the planning was for visas I had to get for this first part of my trip. It’s a lot of paperwork that you have to do if you want to travel Asia… « 

Lea Rieck

 

LNLM : Penses-tu que ce genre de trip est accessible à chacune d’entre nous ? Do you think this kind of trip is possible for each of us ?

Lea : Je ne pense pas que tout le monde aimerait faire un voyage comme ça (mais quiconque rêve de le faire peut le faire également). Je veux encourager tout particulièrement les autres rideuses à ne pas craindre de voyager toutes seules et montrer que c’est vraiment possible de faire un pareil trip bien qu’on soit une femme. – « I don’t think that everybody would like to do this – but everybody who dreams about doing it can do so. I want to encourage especially other female riders to not be scared of travelling alone and show that it is very possible to do a trip like this even though you are a woman. »

Lea Rieck on Karakorum Highway

 

LNLM : Quel conseil donnerais-tu aux femmes voyageuses ? What advice would you give all woman travel ?

Lea : Toujours écouter tes tripes, ton instinct et larguer les amarres si c’est ton désir. La plupart des gens sont serviables et seront d’autant plus attentionnés dès lors qu’ils réalisent que vous êtes une femme voyageant seule. – « Always listen to your gut feeling and just start to travel if it’s a desire of yours. Most people are very helpful and will be even more protective when they realize that you are a woman traveling all by yourself. »

lea Rieck en Inde

 

LNLM : Penses-tu que la moto soit un meilleur moyen ou un moyen plus facile pour rencontrer des gens ? Do you think motorbike is a better / easier way to meet people ?

Lea :  Oui, ça l’est en effet. Les gens dans plein de pays sont très curieux quand ils te voient sur ta moto parce qu’ils n’ont pas souvent l’occasion de voir de grosses bécanes. Ca leur est bien plus facile de t’approcher quand tu voyages à moto que par exemple en voiture. – « Yes, it is. People in many countries are very curious when they see ou in your bike because they have not often the change to see a big motorcycle. It’s much more easy for them to approach you when you are travelling on bike than for example in a car. »

Lea Rieck en Inde

 

LNLM :  Le meilleur pays à découvrir en moto ? Et pourquoi ? – The best country to discover with a motocycle ? Why ?

Lea : Les autoroutes de Pamir au Tadjikistan et celles de Karakorum au Pakistan ont été de loin mes endroits préférés. Dans les montagnes de Pamir, tu trouves un tas de jolies pistes en gravier ou en hors-pistes au delà de 4000 m d’altitude. Et l’autoroute de Karakorum est, au moins en certaines portions, parfaitement pavée et rend le voyage aussi agréable qu’il est beau. – « Pamir Highway in Tadjikistan and Karakorum Highway in Pakistan were my favorite areas so far. In the Pamir mountains you find a lot of nice gravel and offroad pistes over 4.000 meters altitude and Karakorum Highway is at least in some stretches perfectly paved and makes travelling as confortable as beautiful. »

Lea Rieck on Karakorum Highway

 

LNLM : Quelles sont les qualités nécessaires à une femme pour rouler ? What qualities are necessary to ride as a woman ?

Lea : La seule qualité qui compte réellement est de ne pas avoir peur de conduire des motos. On peut tous apprendre à conduire des motos si on n’est pas mort de peur. – « The only quality that really counts is not to be scared of riding motorcycles. Everybody can learn to drive a bike if he or her is not dead frightened of it. »

Lea Rieck change de monture au Kirgistan

 

LNLM : Quand tu roules toute seule, de quoi as-tu peur ? When you ride on your own, what are your fears ?

Lea : Quand je suis seule dans des contrées reculées, je suis juste plus prudente parce que tu ne veux pas que ta moto ait une panne ou que tu aies un accident seule au milieu de nulle part. A part ça, je n’ai pas réellement d’autre peur. Car avoir peur n’est pas une bonne chose pour conduire une moto. Dès que tu as peur, tu commences à regarder dans la mauvaise direction et les accidents arrivent beaucoup plus facilement. Je me dis toujours à moi-même d’être plus prudente mais de ne pas avoir peur. – « When I am alone in remote areas I am sometimes a bit more cautious because you don’t want your bike to break down or have an accident all alone in the middle of nowhere. Otherwise I don’t have too many fears. Being scared is not a good condition to ride a bike with. As soon as you got scared you start to look in the wrong direction and accidents are much more likely to happen, I always tell myself to be cautious but not to be scared. »

Lea Rieck

 

LNLM: Pour toi, quel est l’accessoire essentiel ? What is the essential accessory to you ?

Lea : En plus de ma moto et de mon équipement, mon téléphone avec son compte spotify pour écouter de la musique, des livres audio et mes casques anti-bruit sont mes accessoires essentiels. La possibilité de me divertir avec de la musique et des bouquins est essentielle pour moi pour rester éveillée sur des portions ennuyeuses. – « Besides my bike and my riding gear, my phone with its spotify account to listen to music and audio books and my noise isolating headphones from sure you are my most essential accessories. The possibility to entertain yourself with music and books is essential for me to keep my mind awake on boring stretches. »

 

LNLM : A la maison est-ce que tu roules toujours ? At home do you still ride ?

Lea : Je n’imagine pas ne pas conduire une moto une fois rentrée à la maison. C’est désormais tellement devenu une part importante de ma vie quotidienne que ça me manquerait immédiatement si ce n’était pas le cas. – « I can’t imagine to not ride a bike when I will be back home. It is such a big part of m daily life now, that I would miss it immediately if I didn’t. »

Lea Rieck en Turquie

 

LNLM : Aujourd’hui fais-nous part de ton meilleur souvenir de voyage en moto ? Today, tell us your beautiful memory for this road trip ?

Lea : J’ai été dans tellement d’endroits incroyables et uniques ces derniers mois. Je pense que c’est l’expérience dans sa globalité qui en est le meilleur reflet. Je n’ai pas besoin de faire un choix entre les différents pays. J’ai beaucoup de chance de pouvoir juste aller voir tout ce qui se présente à moi. Et souvent les endroits les plus magiques ne sont pas ceux qui sont sur la carte. Les meilleurs souvenirs sont les rencontres avec les gens, voir leur curiosité et leurs sourires quand ils communiquent avec toi. Le monde est un endroit merveilleux et peu importe comment nous vivons nos vies, nous sommes tous humains et tous les mêmes. – « I have been to so many incredible and unique places the last months. I guess the whole experience is my highlight. I don’t need to make a choice about one country to spend my time at – I am very lucky to be able to just go and see whatever comes along. And often the most amazing places are those, i didn’t have on my map before. The best things I remembre are meeting all the locals, see their curiosity and smiles when communicating with you. This world is just a beautiful place and no matter how we life our lives, we are all human and the same. »


Un immense merci à toi, Lea, pour ta gentillesse et ta disponibilité, malgré les aléas du wi-fi en Birmanie. Merci d’avoir partagé avec nous ta vision du monde. – A huge thank you to you Lea. For your kindness and availability, despite wifi hazards in Burma. Thanx for sharing your vision of the world (all human, all the same).

 

Pour suivre Lea jusqu’à son retour en Allemagne l’an prochain : 

www.instagram.com/lea_rieck/

http://got2go.de

www.facebook.com/got2go.de/

 

Lea Rieck in Uzbekistan

 

1 Commentaire

  1. 27/04/2017    

    Un témoignage qui non seulement donne à voire le monde autrement et on en a bien besoin aujourd’hui. Sortit un peu de nos frontières pour mieux comprendre et rencontrer les autres. Et quel symbole que ce soit une femme et une motarde ! On ne peut que soutenir son projet et suivre son voyage, voyage que nous aimerions toutes faire à moto…

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