Les actualités de la moto au féminin

Portrait : Mélusine Mallender exploratrice à moto

C’est un triptyque de femmes hors du commun que Mélusine Mallender clôt. Une exploratrice au long cours qui part loin, longtemps et seule. Elle nous partage sa nouvelle expédition.

Comme nos deux premières motardes, Géraldine et Sarah, Mélusine s’est montrée disponible, généreuse et d’une grande gentillesse. Son expédition commence maintenant…. Direction l’Asie du sud… Jusqu’au bout de ses rêves…

mélusine mallender

LNLM : Votre prénom, votre âge, votre provenance ?

Mélusine : Mélusine Mallender, 35 ans. Provenance : Les Landes label controlé, je rigole, Père Anglais, mère Française….

LNLM : Vous êtes en Asie, où exactement et expliquez-nous ce que vous vous apprêtez à réaliser.

Mélusine : Je suis actuellement à Jakarta. J’attends ma moto, je m’apprête à faire une expédition en moto de six mois en Asie du sud ( Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Myanmar (ex Birmanie), Bangladesh, Népal, Inde, Xinjiang (Chine ouest) ). Ma quête est d’aller dans des pays à l’image dégradée ou mal connue et aller à la rencontre de ses habitants et plus spécialement les femmes et découvrir leur vision de la liberté.

LNLM : Depuis quand roulez- vous à moto et sur quelle moto actuellement ?

Mélusine : Je roule depuis plus de 15 ans à moto et je roule actuellement sur une Tiger 800 XCa Triumph.

LNLM : Votre déclic moto ?

Mélusine : Pas de déclic, juste une évidence depuis toujours. J’aime rouler à moto, j’aime la sensation de liberté qu’elle procure, l’idée induit que si je veux, je peux tourner la clef, prendre le périf et me retrouver à Vladivostok.

LNLM : Sur quelle moto avez-vous commencé à rouler ?

Mélusine : J’ai commencé avec la Varadedro 125, un coup de foudre pour cette petite moto que j’ai aimé et gardé même avec le permis. Nous avons vraiment fait les 400 coups ensemble.

Mélusine Mallender avec sa moto chargée

LNLM : Vous avez commencé vos aventures à pied et en kayak, pourquoi continuer en moto ?

Mélusine : L’aventure, c’est l’aventure, à pied, en kayak, à cheval, en moto…. Partir ensuite avec ma moto était une suite logique, une histoire de cœur avec cette moto que j’ai eue pendant 10 ans et à qui je voulais dire au revoir. Quatre mois qui m’ont menée de Paris à Vladivostok en direction du Japon. Je me suis aperçue que la moto était plus qu’un simple moyen de se déplacer, c’était un moyen de rencontre l’autre et d’échanger, et que le fait d’être une femme me permettait facilement de passer de l’univers féminin des cuisines, aux repas avec les hommes.

LNLM : Maintenant qu’on sait quel est votre prochain trip, le dernier voyage quel était-il ?

Mélusine : Afrique de l’Est, Ethiopie, Djibouti, Somaliland, Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie. 12000 km de piste de terre rouge, sable, bitume chinois, rencontres… Une immersion difficile à décrire en quelques lignes, car il n’y a pas une Afrique, mais des Afriques. Mais un coup de cœur pour l’Ouganda et le Rwanda, avec une population chaleureuse, la beauté des collines Rwandaises et les parcs nationaux ougandais où l’on peut se déplacer sans guide avec sa propre moto ( le rêve de rouler à côté des gazelles).

LNLM : le pays à découvrir absolument à moto selon vous ?

Mélusine : La MONGOLIE !! C’est simple, c’est le pays où j’ai découvert la vraie liberté à moto. Dans la plus grande partie du pays, il n’y a simplement pas de route, juste des milliers de pistes qui suivent plus ou moins les poteaux électriques (seule marque indicatrice de la civilisation). La steppe est la route. Chacun crée son chemin et c’est un sentiment fabuleux, effrayant au début et très vite exaltant. Ici pas de feux, pas de sens interdit, juste la mer d’herbe et le ciel immense, tout semble infini.

LNLM : Quelles qualités vous semblent nécessaires pour découvrir le monde à moto en tant que femme ?

Mélusine : Le sourire, la flexibilité et la patience sont à mon sens les qualités nécessaires pour découvrir le monde et vivre en société, que se soit à moto ou en tant que femme. Évidemment pour la moto, il faudrait rajouter peut-être ne pas avoir peur de mettre les mains dedans et pour une femme, savoir être ferme quand il le faut.

Mélusine Mallender sur sa moto

LNLM : Combien de temps vous fait-il pour préparer vos voyages ?

Mélusine :  Je dirais entre un an et six mois, entre le moment où on imagine ce que l’on veut faire, où aller et la préparation concrète, comme les visas, billets d’avion, trajet…

LNLM : Vous êtes seule sur la route quelques peurs parfois ?

Mélusine : Bien sûr, j’ai peur 24h sur 24. C’est ce qui maintient ma survie. La peur est indispensable tant qu’elle n’est pas paralysante et qu’elle vous aide à trouver des solutions pour vous protéger. Mes plus grandes « frayeurs » ont été pour la plupart lors de ma première expédition en moto. J’ai fait des erreurs, j’ai appris, et je me suis retrouvée parfois en mauvaise compagnie et il a fallu être très très ferme. Ce n’est pas amusant d’avoir quelqu’un qui gratte à la tente pour passer la nuit avec vous à 4 heures du mat’ en pleine steppe kazak….

LNLM : L’accessoire indispensable pour vous ?

Mélusine : Le foulard, il se transforme en paréo, en sac, en serviette, protège mon cou du froid, mes épaules du soleil, mes cheveux de la crasse, sert de filtre à particules contre la pollution quand je roule ( enfin j’aimerais bien les grosses en tout cas). Pour ce qui est de la conduite spécifique à moto, j’ai promis à mes parents quand j’ai commencé ( même majeur on essaye toujours de faire plaisir à ses parents ) que je ne roulerai ni sans casque, ni sans gants, ni sans protection, et maintenant si je suis sans, j’avoue je me sens nue.

LNLM : Quand vous rentrez à la maison, posez vous votre moto ?

Mélusine : Non, je suis une motarde dans la vie.

LNLM : Votre motivation pour toujours repartir ?

Mélusine : Partir est une seconde nature. J’ai besoin de découvertes, de me nourrir intellectuellement et émotionnellement, de vivre en ayant plusieurs univers, de passer par le boui-bouis ougandais aux cabarets parisiens, des temples cambodgiens aux bikers de Jakarta, d’une nuit avec les gardes afars Ethiopiens aux vents de Patagonie. Partout des choses à voir, à découvrir, fascinantes. J’ai toujours une destination dans la tête.

portrait mélusine mallender

Un grand merci à Mélusine, qui a eu la délicatesse, à Jakarta, dans l’attente, de partager avec nous. Bon voyage !

Pour suivre Mélusine dans son expédition : www.melusinemallender.fr

 

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