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Sécurité routière : les mesures qui concernent les motardes et les motards

Le 26 janvier 2015 Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, dévoilait 26 nouvelles mesures pour endiguer la hausse de la moralité routière. Certaines de ces mesures concernent plus spécifiquement les motardes et les motards.

Gendarmerie

La mortalité routière en hausse

D’après le communiqué de presse publié par le Ministère de l’Intérieur, l’année 2014 a vu une hausse de 3,7% de personnes tuées et de 2,5% de personnes blessées sur les routes de France par rapport à l’année 2013. L’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) évalue à 3 388 décès la mortalité routière de l’année 2014, soit une hausse de 120 décès par rapport à 2013. Cette augmentation, rappelle le même communiqué, concerne trois catégories d’usagers particulièrement vulnérables : les piétons (+8%), les cyclistes (+8%) et les cyclomotoristes (+6%).

Seul point positif, les derniers résultats, ceux du mois de décembre 2014, ont montré une baisse importante de la mortalité routière (-8,9%, soit 28 personnes épargnées) par rapport à décembre 2013.

26 mesures, 4 axes

Les 26 mesures présentées par Bernard Cazeneuve s’articulent autour de 4 axes : « Sensibiliser, prévenir, former », « Protéger les plus vulnérables », « Lutter sans relâche contre les infractions graves », « Améliorer la sécurité des véhicules et des infrastructures ».

Deux-roues : des mesures parfois difficilement applicables

Sur ces 26 mesures, 4 concernent plus directement les deux roues motorisées :

« Mesure n°13 : Uniformiser la taille et le format des plaques d’immatriculation des deux-roues motorisés (2RM), afin de faciliter les contrôles. Le format standard sera à 210 x 130 mm. »

Le but de cette mesure est évidemment de permettre une verbalisation plus aisée des motards, notamment en complément du renforcement des dispositifs de radars, automatiques ou non (mesures 16 et 17).

« Mesure n°14 : Rendre obligatoire pour les usagers de 2RM le port du gilet de sécurité en cas d’arrêt d’urgence, comme c’est déjà le cas pour les automobilistes. »

Cette mesure, qui se veut une mesure d’équité entre les automobilistes et les motards, met en réalité en relief une disparité évidente en matière de volume transportable : s’il n’y a rien de plus simple pour un automobiliste que de glisser n gilet dans la boite à gants ou sous le siège, c’est en revanche un peu plus difficile pour le motard de transporter partout où il va le gilet en question. C’est vraisemblablement sous la selle qu’il faudra libérer de la place, sans pour autant régler un autre problème de sécurité : « Le motard arrêté sur le bas-côté risque de se mettre en danger s’il doit descendre de son véhicule et soulever la selle pour saisir puis enfiler son gilet », soulignait il y a quelques semaines Nathanaël de la FFMC.

« Mesure n°15 : Généraliser à terme l’utilisation de supports de panneaux de signalisation « fusibles », qui ne nécessitent pas de glissière de sécurité, et diminuent les risques pour les 2RM. »

Cette mesure est généralement accueillie plus favorablement.

« Mesure 22 : Interdire de porter tout système de type écouteurs, oreillette, casque, … susceptible de limiter tant l’attention que l’audition des conducteurs. »

Selon la FFMC, « les intercom de casques et liaisons sonores pour GPS ne devraient pas être concernés par cette mesure qui vise surtout à limiter les velléités de textoter chez les automobilistes. » Toutefois, comme le précise Jean-Baptiste le Dall, avocat à la Cour, cette disposition reste plus discriminante envers les motards pour qui il est plus difficile et coûteux de s’équiper :

« Si les automobilistes pourront, bon gré mal gré, s’équiper, la chose s’avérera plus problématique pour les deux roues. De quoi faire ruminer encore un peu plus les motards mécontents à qui l’on va imposer une plaque minéralogique plus grande, pour mieux les protéger, et le transport d’un gilet jaune à utiliser en cas d’accident. Car c’est bien connu, le gilet jaune, c’est ce qui va remettre sur pied un motard qui vient de se faire renverser… »

S’il faut attendre la publication du décret de loi pour connaître plus précisément les tenants et les aboutissants de la loi concernée, force est de constater que ce sera une fois de plus à la FFMC de nous défendre en tant que motardes et motards face à certaines mesures déconnectées de la réalité de la route.

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